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Réflexion de la semaine

 

« Faire route ensemble »

L’expérience des disciples d’Emmaüs nous est présentée par Luc comme un traité sur l’évangélisation où Jésus devient lui-même le modèle à suivre. Que fait-il?

Au départ, il prend l’initiative de rejoindre sur leur route, des voyageurs qui ont perdu toute espérance puis il les questionne et les invite à exprimer leurs préoccupations. Jésus nous enseigne qu’évangéliser consiste au départ à aller vers les gens, là où ils sont pour les écouter, c’est-à-dire, taire nos préoccupations pour entendre ce que vit l’autre dans son être intérieur. C’est le seul moyen efficace pour dépasser les visions intéressées au profit du bien commun, pour secouer le repliement sur soi au profit d’un éveil à plus grand que soi… ce qui éveille la curiosité de connaître davantage, de découvrir au-delà des connaissances intellectuelles. La relecture d’un événement guérit les souvenirs et donne un sens à l’échec tout en ranimant l’espérance. On a le droit de se tromper et de ne pas avoir toutes les compétences.

Un fruit important de cette aventure est l’espace de communion qui se crée entre les différents locuteurs. D’où l’invitation des disciples pour que l’étranger reste avec eux : on passe de l’isolement à un désir de faire communauté. La foi ne se vit pas seule : on l’enrichit en la communiquant à d’autres. Se dire dans le domaine de la foi, c’est donner encore plus d’idéal à sa vie.

La quête de sens provoqué par des événements douloureux qui remettent notre vie en question est souvent une brèche ouverte sur un horizon nouveau qui nous dépouille de nos fausses images de Dieu et de son action dans la société. Il y a ici un véritable défi de témoignage pour l’ensemble des engagés de la communauté. La foi ne s’arrête pas à la connaissance de Jésus-Christ. Elle nous engage vis-à-vis l’ensemble de la communauté, voire de la société.

Notre mission de témoins-évangélisateurs n’est possible dans la durée qui si nous vivons l’appartenance à la communauté. D’où le retour des disciples vers Jérusalem pour se faire confirmer par les apôtres le bienfondé de leur expérience. Nous avons tous à nous porter les uns les autres dans notre aventure spirituelle.

Porter l’autre, c’est l’encourager dans ses dépassements, c’est reconnaître ce qu’il a fait d’édifiant et c’est parfois juste être là, en silence, à la manière de Marie. La solidarité avec la communauté demeure le moyen de garder chaque croyant en habit de service continuel à la suite de celui qui est venu « non pour être servi, mais pour servir. »

Gilles Baril, prêtre

     Unité pastorale Montréal-Nord