Il fut un
temps où tout ce qui existait était placé sous la responsabilité d’un
saint dans le ciel. C’est ainsi qu’à la naissance de la Nouvelle-France,
les marins bretons qui traversaient l’océan décidèrent de demander à
Rome de désigner Sainte-Anne comme patronne de la Nouvelle-France : leur
dévotion à Sainte-Anne était très importante pour eux.
Parallèlement
à cette demande, les habitants déjà installés en Nouvelle-France
écrivirent au pape pour demander la protection spirituelle de
Saint-Joseph. N’est-il pas protecteur de la Sainte-Famille donc il peut
veiller sur le Nouveau Monde en Amérique. En même temps, à Rome, il est
décidé d’offrir le nouveau continent à la protection de
St-Jean-Baptiste, lui qui a fait le lien entre l’Ancien et le Nouveau
Testament.
Les
trois demandes se croisent dans le courrier, lequel ne connaissait pas
la vitesse actuelle d’internet et finalement St-Joseph est devenu patron
du Canada, Ste-Anne, patronne de la province de Québec et
St-Jean-Baptiste, patron des Canadiens-français. Nous voilà sous bonne
garde céleste.
Qui est
Sainte-Anne? La mère de Marie et la grand-mère de Jésus. Mais qu’en
sait-on de plus? Joachim et elle forment un couple extraordinaire. Des
gens accueillants, dévoués, généreux, toujours prêts à dépanner tout le
monde, à même leurs ressources financières.
Mais ils
n’ont pas d’enfant. Ne pas avoir d’enfant à cette époque est considéré
comme un rejet de Dieu… car on attend le Messie et c’est comme si Dieu
avait jugé que ces gens n’étaient pas dignes de concevoir le Christ dans
leur descendance. Alors en dépit du couple amoureux l’un de l’autre qui
se dévoue sans compter pour le bien-être de la communauté, Anne et
Joachim sont victimes des préjugés de leurs concitoyens.
Dieu les a
choisis en raison de la pureté de leur cœur, de leur fidélité l’un à
l’autre malgré les difficultés et de leur persévérance à faire du bien à
tous malgré les préjugés dont ils étaient victimes. Confions-leur
aujourd’hui, nos amours humains, nos enfants et nos petits-enfants et
tous les gens atteints de préjugés sociaux autour de nous. Que Anne et
Joachim demeurent pour nous une inspiration à faire le bien, même auprès
de ceux qui n’auraient pas mérité de bénéficier de nos bienfaits.
Devenons ces
constructeurs du règne de Dieu dont notre monde a tant besoin
aujourd’hui. Qu’Anne, Joachim et tous ceux qui nous ont précédé sur les
chemins de la foi nous inspirent afin que nous ne cessions jamais de
faire du bien autour de nous.
Gilles Baril,
prêtre
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Unité pastorale Montréal-Nord |
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