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Seigneur, faites que je voie! |
Au temps de Jésus on s’interrogeait également sur le sens
de la souffrance. Pourquoi la souffrance, qui en est l’origine et
pourquoi souffrir? Certains disaient qu’elle était une punition de Dieu
pour des péchés. C’est pourquoi les disciples demandent à Jésus pourquoi
la souffrance de cet aveugle-né? Qui a péché? Lui ou peut-être ses
parents? Si c’est ainsi, alors Dieu nous punit pour nos fautes! Jésus
répond tout de suite que Dieu n’est pas vengeur, il ne condamne pas,
mais il relève et il aime! Il est toujours plus facile d’accuser que
d’aimer et de s’engager à soulager la misère. L’exemple de Jésus est
éloquent. Toute sa vie il a guérit les malades et soulagé la misère. La
présence de Jésus dans notre monde n’est pas une punition mais une
libération. Il n’est pas venu pour enlever la vie, mais donner sa vie
afin que nous ayons la vie en abondance et que nous sachions que Dieu ne
sera jamais indifférent à nos souffrances, à nos peines et à nos
épreuves. Au contraire, il sera toujours là pour nous apporter soutien
et réconfort.
La guérison de cet aveugle est un cheminement de foi.
Cette guérison veut nous montrer que Jésus est la vraie Lumière de ce
monde. Au fond, l’aveugle représente la cécité de l’humanité et
particulièrement celle des autorités religieuses du temps qui n’ont
jamais accepté de voir en Jésus l’envoyé de Dieu et la lumière dont
notre monde a besoin. La vraie lumière c’est de regarder avec les yeux
du cœur. Le Petit Prince disait : on ne voit bien qu’avec le cœur,
l’essentiel est invisible pour les yeux. Pour voir l’œuvre et la
présence de Dieu dans notre vie nous avons besoin du regard de la foi
qui donne sens à notre vie. La foi est une démarche progressive.
L’aveugle commence par dire : un homme appelé Jésus, puis c’est un
prophète et enfin Seigneur je crois! Donc, une rencontre qui transforme
et donne un regard nouveau.
Le grand problème des Pharisiens du temps c’est de croire
que leur savoir religieux leur donnait la connaissance de Dieu. Leur
cœur orgueilleux restait fermé et leurs yeux aveugles. Ils ont vu des
miracles, des paralysés se lever debout et des lépreux guéris par Jésus
etc. Ils ont même vu Lazare, mort depuis quatre jours, sortir vivant du
tombeau. Malgré tout cela, ils ont refusé de voir Dieu qui agissait en
Jésus.
Je peux également devenir aveugle par la colère,
l’orgueil, la haine, l’envie, l’indifférence, la jalousie, la
méchanceté, le jugement, la peur ou l’égoïsme… Je peux me faire aveugle
devant la souffrance et la solitude des gens âgés, face une personne
différente de moi, devant la misère et la souffrance de l’autre, face à
une personne blessée et qui nécessite de ma présence et de mon attention
etc. Il y a différents aveuglements. Combien de personnes refusent de
croire en Dieu et en son amour devant les merveilles de la création,
contemplant le sourire d’un enfant et voyant tellement de gestes de
bonté et de partage pour soulager la misère et apporter une consolation
divine. Céline Dion dit dans une chanson on a tous un peu la voix du Bon
Dieu quand on rend les gens heureux. Il est bon d’apprendre à accueillir
avant de juger, à écouter avant de parler et d’accompagner avant de
corriger. La bonté et la miséricorde sont une forme de lumière. Jésus ne
nous demande pas d’être parfaits, mais de nous laisser éclairer. Au
baptême nous avons reçu une lumière, celle de la foi symbolisée par un
cierge. Gardons cette flamme bien vivante, elle nous permettra de
découvrir la présence amoureuse de Dieu dans notre vie. De plus, elle
pourra peut-être éclairer ceux et celles dont la flamme est éteinte et
cherchent un peu de lumière. Disons souvent : Seigneur, toi la Lumière
de ce monde, ouvre nos yeux et notre cœur, guéris nos aveuglements,
donne-nous une foi simple qui ose dire Seigneur je t’aime et je crois.
Lauréot Couture ptre
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Unité pastorale Montréal-Nord |
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