La Liturgie de ce dimanche du carême nous présente Jésus
sur le Mont Thabor avec trois de ses disciples. Soudain, apparaissent
Moise et Élie, le grand prophète de l’Ancien Testament. Moise
représentait la Loi ancienne. La Mission de Jésus était d’accomplir et
de donner sens à toutes les lois et les prophéties qui L’avaient
précédé. La montagne est symbolique car elle nous situe entre le ciel et
la terre. Sur cette même montagne les disciples expérimentent le ciel
rendu visible sur terre. Jésus se laisse voir tel qu’il est vraiment.
Toute sa vie, son humanité cachait ce qu’il était réellement, le Fils de
Dieu! Les trois apôtres, dont Pierre, expérimentent ce que nous vivrons
un jour au ciel. Pierre se sent tellement bien qu’il ne veut plus
redescendre de la montagne, Il désire y dresser trois tentes pour y
demeurer toujours. Cela ressemble à des personnes qui ont vécu un moment
dans l’au-delà. Ils témoignent que tout était merveilleux. J’ai même
connu une dame qui est décédée mais que l’on a réanimée. Elle a vu le
ciel. Elle disait à son réveil, c’était tellement beau pourquoi
m’avoir réanimée, je ne veux plus vivre ici! Elle a ajouté ceci pour
ses enfants ce n’est pas que je ne vous aime
pas, mais là-bas c’est tellement merveilleux, je préfère y retourner!
La transfiguration de Jésus n’est pas un changement, mais
un dévoilement. Avec la présence de Moise et d’Élie, Jésus vient
nous redire que toute l’histoire d’Israël et toute la Révélation
conduisent au Christ. La foi chrétienne est l’accomplissement de
tout ce que Dieu promet depuis l’Ancien Testament. Jésus est le cœur, le
sens et le but de toute l’Écriture. Et le Père nous demande de
l’écouter! Comme au jour du baptême dans le Jourdain, Dieu nous révèle
la véritable identité de Jésus, le Fils bien-aimé du Père. Cependant, il
ajoute une mission pour les disciples : l’écouter!
Lorsque la vision est terminée, Jésus est de nouveau
seul. Sa mission n’est pas en haut de la montagne mais bien en bas.
C’est là qu’il doit souffrir et donner sa vie pour le salut du monde.
Jésus savait que sa Passion et sa mort seraient un scandale pour bien
des gens, dont ses propres disciples. Par la vision lumineuse, les
disciples pourront tenir bon lorsque les ténèbres s’abattront Comment
Dieu pouvait-il accepter de souffrir et mourir? Comment Dieu, le tout
puissant, pouvait-il être si fragile et humble en mourant sur une croix
comme un criminel? Comment n’est-il pas descendu de la croix pour
démontrer qui il était? Mais, on ne lui a pas enlevé sa vie, il a
accepté de la donner pour nous, en pardonnant et désirant devenir le
grain de blé tombé en terre pour porter du fruit. Au lieu de demander
vengeance pour ceux qui le clouaient sur la croix, Jésus implore le
pardon de son Père et remet son esprit entre ses mains. Un amour et une
bonté aussi grande ne peuvent qu’avoir parfum divin. Un amour qui
s’agenouille devant ses disciples pour leur laver les pieds et qui
s’exprime dans le service, tout comme Marie la servante du Seigneur!
Nous sommes tous porteurs de divin, caché sous notre
humanité. Nous sommes créés à l’image et la ressemblance de Dieu. Au
baptême nous recevons la même vie et le même amour que Jésus. Les
sacrements nous relient à Dieu puisque nous recevons la même vie du
Ressuscité. Nous portons en nous l’image du divin. Malheureusement, la
partie humaine cache parfois ce trésor en nous. Certains éléments
cachent cette divinité, tels que la colère, la haine, la jalousie, la
méchanceté, les jugements… qui viennent obstruer cette Lumière divine en
nous. Cependant, d’autres la laissent transparaitre par leur bonté, leur
joie de vivre, leur générosité, leur sourire…et ils deviennent lumineux
comme Jésus sur le Mont Thabor ou le regard d’un enfant contemplant sa
maman.
Ce mystère est comme le soleil. Certains jours nous
contemplons sa lumière et goûtons sa chaleur. D’autres jours, les nuages
ou les orages empêchant de gouter sa présence. Dieu n’habite pas
seulement dans le ciel, ni en haut de la montagne, mais bien en nous,
dans notre cœur, comme les petits oiseaux dans le nid. La
transfiguration c’est Jésus qui se montre tel qu’il est tel que nous le
verrons un jour dans le Paradis.
Lauréot Couture, ptre
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Unité pastorale Montréal-Nord |
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