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« Vous êtes Sel et Lumière » |
Jésus compare la mission du chrétien au sel et à la
lumière. Il ne dit pas « devenez », mais bien : « Vous êtes ». Que
fait-on avec du sel? Pour avoir souvent posé la question, je retiens que
le sel :
1.
Rehausse le goût des aliments: notre
mission de chrétien consiste à donner de la saveur et de l’idéal à la
vie.
2.
Empêche les aliments de se corrompre: comme
chrétien, éviter le mal et aider les gens à sortir de ces sentiers de
mort.
3.
Purifie les plaies et cicatrise les
blessures : si on est blessé, ne pas nous replier sur nous-mêmes et
surtout permettre aux gens blessés de retrouver leur dynamisme
intérieur.
4.
Fais fondre la glace et empêche de glisser
: éviter de nous corrompre par les chemins de la facilité. Être témoin
pour les gens en quête de sens.
5.
Évite de se déshydrater : nous nourrir de
Dieu par la prière, les sacrements et la solidarité communautaire afin
de devenir une nourriture de Dieu pour les chercheurs de Dieu autour de
nous.
Il y a différentes sortes de sel : le sel fin de cuisine,
le calcium, le sel à vache... comme il y a différentes personnalités au
service de l’Évangile.
Et la lumière? Elle éclaire, réchauffe et guide dans la
nuit. Voilà une autre réalité essentielle de notre mission de chrétiens:
éclairer, réchauffer les cœurs, guider vers l’essentiel. Encore ici, il
faut noter qu’il existe différentes sortes de lumière : il y a les
lumières indispensables du quotidien comme les lumières de nos maisons
ou encore les phares de nos autos. Il y a les lumières nécessaires pour
notre bien-être comme le cadran lumineux qui nous sécurise la nuit pour
prolonger le sommeil, comme les lumières des décorations de Noël puis il
y a les lumières aveuglantes qui n’apportent rien aux autres comme
l’auto rencontrée sur la route où le conducteur ne baisse pas son
éclairage à notre passage en sens inverse.
Comme chrétien, nous sommes invités à devenir des
lumières indispensables et nécessaires. Jamais d’éclairage aveuglant de
celui qui en met plein la vue des autres, mais qui ne cherche que son
intérêt personnel : ça éblouit parfois, mais ça laisse le cœur amer.
Quelqu’un me disait un jour : « Je veux bien apporter ma collaboration,
mais je ne suis pas un cent watts ». À cela je réponds : « Mieux vaut un
60 watts allumé qu’un 100 watts qui n’éclaire pas ».
Le défi du chrétien : restez branché sur le Christ. Ça me
rappelle le jour où ma lampe de bureau n’éclairait plus. J’ai changé le
globe : elle n’éclairait pas plus. Alors j’ai décidé de la débrancher
pour voir ce qui se passait... et j’ai découvert que quelqu’un l’avait
déjà débranché. Je l’ai reconnecté et elle fonctionnait très bien. Alors
: rester branché sur le Christ pour rayonner sa présence et éclairer en
son nom. Un dernier détail important : le sel qui est utilisé et la
lumière qui éclaire sont deux éléments qui ne s’apportent rien à eux-
mêmes. Ils sont là pour le service des autres. C’est ainsi que servir le
Christ, c’est s’oublier pour le bonheur des autres.
Gilles Baril, prêtre
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Unité pastorale Montréal-Nord |
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