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« La grandeur de la petitesse » |
Jésus est agaçant pour ses auditeurs qui se pensent les
seuls à avoir droit au salut. Il enseigne encore que les bontés de Dieu
ne sont pas les privilèges d’un peuple particulier. Dans le cœur de
Dieu, le salut est universel, car rien n’échappe à la tendresse divine.
Dieu ne regarde pas la race, mais les intentions du cœur.
À chacun de nous d’accepter ou de refuser l’amour de
Dieu, un amour qui interpelle vers un agir inspirant pour les autres, un
amour qui nous rend responsable du bonheur des gens autour de nous. Il
ne s’agit pas uniquement d’être baptisé pour être sauvé, encore faut-il
vivre en baptisé, c’est-à-dire en enfant de Dieu.
Qu’est-ce qui nous attend dans l’au-delà puisque nous
sommes de passage sur terre? Je ne pourrais pas le dire avec précision,
mais je sais que c’est dès maintenant que nous nous formons pour vivre
le bonheur éternel auquel le Christ nous convie dans son Royaume.
C’est dès maintenant que nous devons former notre
capacité d’aimer et d’être aimé puisque le ciel est un plongeon dans le
cœur de Dieu. Nos expériences, nos connaissances cultivent notre sagesse
et nous prédisposent ainsi à un niveau de vie plus élevée qui se
poursuit lorsqu’on quitte ce monde matériel par la porte de la mort
charnelle. Dieu nous invite à vivre pleinement notre quotidien, à mordre
dans la vie à pleines dents, à développer nos capacités d’aimer dans le
service du prochain.
Jésus nous propose un chemin de dépassements à sa suite :
« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ». Qu’est-ce à dire? En
Israël, les Juifs considèrent que la maison réelle de Dieu sur terre est
le temple de Jérusalem. Comme le temple a subi des profanations autant
par les Romains que par les Musulmans qui y ont pénétré avec leurs
chevaux et les chameaux, on a barricadé les grandes portes pour y percer
des petites portes de trois pieds. Dorénavant pour entrer dans le
temple, il faut se prosterner. Ceci est devenu un symbole important pour
les Juifs : pour entrer chez Dieu, il faut poser un acte d’humilité et
se prosterner. La porte étroite est la porte du service et de la prière.
C’est un peu comme si Jésus nous disait : « Quand on est trop grand pour
faire de petites choses, on est en même temps trop petit pour faire de
grandes choses ».
Gilles Baril, prêtre
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Unité pastorale Montréal-Nord |
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