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« Les personnes d’abord » |
Je racontais récemment cette histoire du bon samaritain à
un groupe d’enfants de 5-7 ans lors d’une catéchèse paroissiale. Je leur
ai traduit le lévite qui passe son chemin par un monsieur très important
qui voyant le blessé, regarde sa montre puis il juge qu’il n’a pas le
temps de s’en occuper parce que ça va le mettre en retard pour sa
réunion. La même chose se passe avec le prêtre : il est lui aussi en
retard à sa réunion. C’est alors qu’une fillette de cinq ans, indigné
par de telles réactions des gens importants me dit : « Ça va faire les
réunions. Les personnes d’abord ». Voilà une vraie théologienne.
Sa pensée rejoint celle de Mère Térésa qui
disait : « Quand j’ai pris conscience de la grande misère humaine en
Inde, j’aurais pu créer une table de discussion pour trouver les moyens
les plus efficaces pour diminuer cette misère : on serait encore en
train de discuter et personne n’aurait rien fait de concret pour leur
venir en aide. J’ai alors simplement choisi d’aider un pauvre à la fois.
Il me semblait qu’au minimum, tout le monde a le droit de mourir dans un
lit avec quelqu’un qui lui tient compagnie. Un des premiers mourants que
j’ai soutenus, disait-elle, était dans un état de léthargie profonde. Je
lui parlais doucement en l’appelant mon bon monsieur. Soudain, il a
ouvert les yeux puis il m’a dit : Jamais personne ne m’a appelé
monsieur. J’ai compris l’importance de redonner à chaque personne une
dignité humaine. »
Le monde est un cercle où le moyeu est Dieu : plus on
s’approche du centre, plus on s’approche de Dieu et plus on se rapproche
les uns des autres. L’inverse est aussi vrai : plus on s’éloigne du
centre, plus on s’éloigne les uns des autres et plus on s’éloigne de
Dieu.
Alors la question du jour : « Qui est mon prochain? »
Toute personne du quotidien, particulièrement ceux et celles qui en
arrachent dans leur quête de bonheur. Une autre question dans le même
sens : « Comment demeurer près de Dieu au point de traduire sa
présence? » En faisant preuve de bonté autour de nous.
Les personnes d’abord, une personne à la fois… pour faire
la joie de Dieu et y trouver notre bonheur.
Gilles Baril, prêtre
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Unité pastorale Montréal-Nord |
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