« Tout homme
verra le salut de Dieu ». Chaque humain est conçu pour le bonheur.
Plusieurs routes mènent au bonheur et au salut de Dieu. Mais tous les
chemins ne conduisent pas vers le bonheur ou du moins plusieurs de nos
routes ont besoin d’être balisées, réparées et redressées. Il y a des
chemins de violence, de drogue et de bonheur préfabriqué qui ne mènent
nulle part. Il y a des chemins de don de soi et de soutien mutuel qui
mènent au bonheur en passant par des dépassements quotidiens. Ce sont
ces routes de conversion, d’attention aux autres, de discernement de
l’essentiel que nous propose Jean-Baptiste.
Le problème
repose sur le fait que beaucoup de gens autour de nous n’attendent plus
rien de Dieu, sinon quelques notes folkloriques en ce temps de Noël.
Dieu pour eux fait partie de la naïveté de l’enfance.
Ça me
rappelle un homme qui venait d’apprendre que je suis curé et qui vient
me dire son désarroi devant la méchanceté des humains. Il se dit être
athée, à moins que je lui prouve que Dieu existe. Lui parler de prière,
d’intériorité, de discernement, n’a aucun sens pour lui. C’est alors que
me vient une idée : je prends deux petits pots identiques. Dans le
premier, je mets du sel et dans l’autre je mets du sucre. Lequel est
lequel?
Pour
distinguer entre le sucre et le sel, il faut y goûter. De même en est-il
des réalités divines : pour savoir qui est Dieu, il faut l’expérimenter,
en vivre une expérience personnelle. Personne ne peut alimenter sa foi
sur la foi des autres. Et cette réalité est tellement riche qu’elle ne
peut pas se vivre seule.
En dépit de
ma meilleure volonté, je ne peux pas, même curé, donner le goût de Dieu
aux autres. Ça prend, dit-on, tout un village pour faire un humain. Ça
prend aussi toute une communauté pour faire un chrétien convaincu et
engagé. C’est la qualité de vie de la communauté qui demeure le plus
beau discours sur Dieu. Même si je suis devenu prêtre et que j’étais
fort impressionné par les curés de mon enfance, je n’ai rien retenu de
leurs homélies. Par contre, je n’oublierai jamais le dynamisme de la
communauté de mon enfance : leur amour, leur joie de servir, leur
respect mutuel, leur désir de contribuer au bonheur les uns des autres,
leur solidarité avec l’équipe de pastorale : voilà ce qui m’a
interpellé. Dieu qui prend un corps humain pour nous rappeler que le
cœur de Dieu bat dans notre cœur à chaque fois qu’on contribue au
bonheur d’une autre personne.
Appliquons-nous dans les prochains jours à devenir une présence de Dieu
pour ceux qui nous entourent, c’est-à-dire une présence qui fait du bien
et qui donne aux autres le goût de devenir meilleurs.
Gilles
Baril, prêtre
Unité pastorale Montréal-Nord |
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