La Liturgie
de ce dimanche nous propose le programme de la Mission de Jésus en ce
monde, soit un chemin de bonheur. Ce n’est pas une exigence pour un
petit nombre, mais la caractéristique de tout disciple. Il va sans dire
que ce n’est pas tout à fait selon les valeurs que la société actuelle
offre. Bien au contraire. C’est un chemin de vie, d’épanouissement
personnel, une garantie de bonheur ici-bas et dans le Royaume que Jésus
est venu inaugurer. Elles nous enseignent que la vraie joie ne nait pas
de la réussite, du prestige, de la puissance ou des biens matériels,
mais bien de la manière de vivre notre relation avec Dieu et notre
prochain. Elles sont un genre de musique du Royaume qui résonne dans nos
gestes quotidiens. D’abord, nous dit l’évangile, Jésus monte sur une
montagne et s’assoit. Ces mots indiquent l’attitude du Maitre qui
enseigne et qui désire ouvrir un chemin nouveau. Il ne proclame pas des
lois imposées de l’extérieur, mais il nous révèle le visage et le cœur
de Dieu, le chemin que nous devons emprunter pour Lui ressembler. Ces
Béatitudes sont le portrait de Jésus lui-même et en même temps, une
promesse adressée à tous les hommes et femmes de bonne volonté qui
désirent ouvrir leur cœur à Dieu et accueillir son amour en témoignant
de sa bonté. Les Béatitudes, c’est comme si Jésus ouvrait une fenêtre
sur le Royaume afin que nous y respirions l’air. Elles sont le miroir du
cœur de Dieu et en même temps le cœur de tout être humain renouvelé par
Dieu.
Jésus
commence par la pauvreté intérieure. Ce n’est pas un appel à la
misère, mais à l’ouverture. Le pauvre n’a aucune prétention d’avoir tout
compris ou maitrisé. Il accueille simplement et avec son cœur. C’est
alors que son âme s’ouvre, Dieu y entre et y fait sa demeure. C’est sa
vraie richesse! Et puis, la douceur dont parle Jésus n’est pas
une faiblesse. C’est une force qui ne brise rien et ne blesse pas. La
terre que possède les doux n’est pas un territoire à conquérir
mais un lieu pour vivre nos rêves et gouter la joie d’aimer et d’être
aimé. Nous expérimentons tous des larmes qui coulent sur nos visages. :
les larmes de la souffrance, de la perte d’un être cher, d’une
déception, d’une blessure ou face à la souffrance de l’autre… Ces larmes
ne sont pas stériles car Dieu s’approche toujours de celui qui pleure et
souffre. Sa présence devient consolation.
Quant à ceux
et celles qui luttent pour la justice, cette faim est une brûlure
intérieure afin que la volonté de Dieu se réalise, que les petits soient
relevés, que la vérité ne soit pas piétinée et que la frontière du mal
soit éloignée. Pour les miséricordieux, c’est que leur cœur
ressemble au cœur de Dieu lui-même. C’est un cœur qui est bon comme du
bon pain, c’est une âme qui sait pardonner, qui comprend, qui écoute,
qui ne condamne pas, ne juge pas et imite par sa bonté la tendresse du
Père. Le cœur qui est pur, n’est pas parfait. Il est vrai, dénudé
d’hypocrisie et accueille avec joie ce qui vient de Dieu. Ces cœurs
verront Dieu car ils reflètent sa Lumière par leurs gestes simples et
bons. Les artisans de paix savent qu’elle ne tombe pas du ciel
comme la pluie. Elle se construit avec patience, par des paroles douces,
des mains qui réparent et accueillent, des bras tendus qui rapprochent
pour construire au lieu de détruire. Ceux-là sont appelés enfants de
Dieu car ils ressemblent à l’amour du Père qu’ils portent en eux.
Quant aux persécutés pour la justice, Dieu sait qu’il faut du
courage pour transformer un cœur, une mentalité ou une société. Le
Royaume de Dieu est déjà là car Dieu n’abandonne pas ceux qui restent
fidèles à la Lumière qu’ils portent en eux.
Les
béatitudes ne sont pas réservées aux saints des images ou des peintures.
Elles sont le parcours de chaque baptisé qui désire ressembler à Dieu.
La vraie joie ne dépend pas des succès ici-bas ou des grandes
réalisations, mais dans la manière dont Dieu habite un cœur et oriente
sa vie. Elles sont une invitation à faire de ma vie une
Bonne Nouvelle.
Lauréot
Couture, ptre
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Unité pastorale Montréal-Nord |
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